FINIES, les grasses matinées, les baignades interminables, les lectures sur la plage et les longues journées à ne rien faire. C’est la rentrée. Le retour de la routine, des horaires de travail et des pauses déjeuner. Si certains attendent la reprise – et les retrouvailles avec les collègues – avec impatience, d’autres désespèrent, comptent les jours avant le week-end et ont déjà le cafard.
Tous les ans, la même scène. Retour au travail, sourire figé, café en main, tout à rattraper, et cette question rituelle – « Alors, ces vacances ? » – qu’on redoute autant qu’on la pose. Pendant quelques heures, quelques jours, la reprise peut avoir un goût amer pour bon nombre d’entre nous. Les spécialistes, eux, ont leurs réponses toutes prêtes pour apaiser ce sentiment – dormez mieux, priorisez, gardez un peu « l’esprit vacances ».
Comme à chaque rentrée, on s’attend à recevoir le même genre de remarques de ses collègues la semaine prochaine. « Alors, ces vacances ? » ou « Pas trop dure, la reprise ? » « Ça m’agace toujours ». « Ce n’est jamais drôle de reprendre le boulot, alors ce n’est pas la peine d’insister ! »
Les médecins ont observé que la moitié des Français se sentent déprimés quand les vacances se terminent. Cette part atteint deux Français sur trois parmi ceux qui sont âgés de moins de 50 ans.
Mais à quoi correspond le fameux « blues de la rentrée » ?
On ne dit jamais à quelqu’un qui ne va pas bien : c’est le blues de la rentrée ! Il faut creuser pour comprendre si c’est une dépression saisonnière, un burn-out classique… ou si ce n’est pas un problème purement médical.
De fait, le blues de la rentrée n’a pas de définition scientifique, même s’il s’agit d’un concept bien réel. Ce n’est pas une pathologie ni un diagnostic clinique, mais un terme courant qui renvoie à un vague à l’âme, une baisse d’entrain, une appréhension à l’idée de reprendre le travail… que l’on va ressentir au retour des vacances.
Ce « blues » est d’autant plus à craindre que le contraste entre les vacances et la reprise est important. On passe d’une situation à une autre drastiquement opposée, c’est-à-dire d’un environnement stimulant, avec de la nouveauté, des lumières naturelles, de la bonne nourriture, au train-train quotidien avec toutes ses contrariétés possibles : il faut faire le deuil d’une grande liberté pour retrouver des problèmes que l’on avait oubliés, et ce contraste très important peut entraîner un sentiment de blues au moment de la reprise, surtout si on aparticulièrement profité de ses vacances.
De nombreuses études ont d’ailleurs montré que les congés faisaient beaucoup grimper notre sentiment de bien-être.
La rentrée ne rend donc pas forcément plus malheureux, ce serait plutôt le changement de situation qui donnerait ce sentiment. De même que l’on a l’impression de frais quand on passe de températures caniculaires à simplement normales pour la saison.
Tout le monde peut être concerné
Certains profils sont plus sujets au fameux blues. Les gens qui sont stressés ou pessimistes de nature, ceux qui n’arrivent pas à profiter de leur quotidien, etc. ». En revanche, il n’existe pas d’étude permettant de dire si les femmes sont plus touchées que les hommes ou que les urbains y sont plus exposés que les ruraux (ou inversement !).
C’est juste l’automne qui arrive
Les jours qui raccourcissent, avec un soleil de plus en plus tardif le matin et une nuit qui tombe de plus en plus tôt le soir… Et si le « blues de la rentrée » s’expliquait avant tout, voire surtout, par la fin de la saison estivale ?
Cela joue un rôle et contribue à la baisse d’énergie car on a une moins grande luminosité, dont les éléments positifs sur l’humeur sont connus. Mais cela n’explique pas tout, loin de là. La preuve : une déprime post-vacances peut survenir à tout moment de l’année, y compris au printemps.
Ça passe forcément vite
Un blues de la rentrée passe généralement rapidement. Un petit passage à vide n’a rien d’inquiétant, mais cela peut le devenir si la tristesse et la perte d’envie durent et impactent votre quotidien, car c’est souvent le signe d’autre chose.
Les médecins disposent d’indicateurs « pour aider à diagnostiquer une « dépression saisonnière ».
Comment s’en sortir ?
Et si on regardait les choses autrement ? Si l’on est un peu morose, ce jour-là, en retrouvant son poste, c’est d’abord la preuve que les vacances ont compté. Qu’on ait vraiment décroché, dormi, ri davantage, profité de quelque chose que le travail ne donne pas. Mieux, les chercheurs le confirment, les bienfaits des congés peuvent se prolonger plusieurs semaines. Le « blues de la rentrée » n’est que l’autre face de tous ces bénéfices. Le prix des vacances en somme.
À trop vouloir apprivoiser ce petit passage à vide, on cherche à tout prix une solution. Au risque d’en faire une nouvelle case à cocher sur une liste des choses à gérer déjà bien étoffée à cette période de l’année.
Le vrai luxe n’est peut-être pas de trouver la méthode miracle qui ferait disparaître ce blues aussi sec. C’est de s’autoriser à être un peu triste, sans y voir aussitôt le signe qu’il faudrait tout remettre en cause. Ce n’est que s’il persiste que ce sentiment cesse d’être une affaire de rentrée, pour devenir le masque d’un mal plus profond.
Anticiper la reprise pour ne pas la subir
Le premier réflexe est d’éviter le retour brutal. Il est intéressant d’avoir une sorte de sas de décompression entre les vacances et la reprise, par exemple de rentrer le samedi matin pour pouvoir se poser un peu le week-end.
Et une fois le jour J arrivé, inutile de vouloir rattraper en quarante-huit heures tout ce qui s’est accumulé pendant les vacances ! Faire le tri entre les urgences et ce qui peut attendre, limiter les rendez-vous dès les premiers jours, se fixer quelques priorités réalistes… Une reprise progressive permet de réduire le sentiment de débordement, qui accompagne souvent le retour au travail.
Faire du sommeil une priorité
On ne parle pas assez du sommeil, qui joue énormément sur l’humeur et la sensation de bien-être. Or, pendant les vacances, souvent marquées par des soirées festives et des réveils tardifs, les horaires ont tendance à se décaler.
À l’approche de la rentrée, mieux vaut donc retrouver progressivement un rythme stable plutôt que passer brutalement d’un endormissement tardif à un réveil à l’aube. Cela vous permettra d’être plus serein en journée. Dans un monde idéal, il faudrait même se coucher et se lever à la même heure tous les jours de l’année.
Conserver (un peu) l’esprit des vacances
Pourquoi faudrait-il abandonner dès le début du mois de septembre tout ce qui nous faisait du bien pendant les congés ? Se prévoir une promenade après le travail, un dîner entre amis, une activité sportive ou une simple soirée sans contrainte ni pression peut prolonger certains bénéfices de la pause. Cela permet de diminuer l’angoisse que l’on anticipe, en pensant au contraste brutal à venir entre les vacances et la reprise du travail, ou même que l’on ressent déjà.
Plus tard dans l’année, se ménager de petits rendez-vous sympathiques est aussi utile et même capital : activité physique, sorties, moments sans écran professionnel, week-ends déconnectés, soirées libres, etc. Une étude parue en 2021 montre que toutes ces activités aident à décrocher mentalement pendant son temps libre.
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Et pour ceux qui restent figés dans la morosité je leur recommande Quiet-Full : 2 fois 2 gélules pour retrouver la quiétude de l’âme (Labo Phyt-inov).
Vous pouvez aussi vous rassasier en Blues. Je cous recommande « In the Mood » de Glenn Miller (abattu en avion en 1944 au-dessus de la Manche. Ce chef d’orchestre se rendait en Angleterre pour réconforter les soldats américains).
Ou Jerry Beach « I’ll play the blues for you » :
‘If you’re down and out and you feel real hurt
Come on over to the place where i live’
Jimi Hendrix (pour les jeunes) « Little wing »:
‘Well she’s walking through the clouds
With a circus mind that’s running wild’








