L’épisode historique de chaleur précoce met la santé à rude épreuve sans oublier la Nature.
Passer d’un temps d’automne à une météo estivale est un grand classique au printemps. Mais, avec le changement climatique, les amplitudes sont largement augmentées. La preuve avec cette vague de chaleur, après dix jours sous les températures « de saison ». Cet épisode met à l’épreuve les organismes des personnes fragiles. Quels en sont les risques et comment s’en protéger ?
Cet épisode bien particulier. Nous ne sommes que fin mai, dès lors on ne s’y attend pas, ainsi on oublie les dates en raison du dérèglement climatique ! Comme toujours, tout va dépendre de la durée de cet épisode, de son intensité et des températures nocturnes, car le système cardiovasculaire a besoin de récupérer grâce à des valeurs plus basses qu’en journée. La chaleur provoque une vasodilatation, ce qui peut réduire la tension artérielle.
Les populations les plus exposées
Les tout-petits, car leur organisme n’a pas encore la capacité à bien réguler sa température ; les enfants, qui ne prennent pas la mesure de la chaleur et des façons de s’en protéger ; les femmes enceintes, les personnes âgées, celles ayant des maladies chroniques comme les diabétiques chez qui la transpiration se fait souvent moins bien, etc. Certains médicaments peuvent perturber la thermorégulation, c’est ainsi que les médecins ont un rôle important à jouer pour informer leurs patients, prévoir les adaptations de traitement, etc. N’oublions pas les travailleurs en plein cagnard toute la journée, aux personnes isolées socialement, etc. Le rôle des médecins est de repérer les gens à risque.
Les bons gestes à adopter
Pour les enfants à l’école, il faut éviter de les faire sortir dans des cours sans arbres pendant la récréation. À la maison, il faut fermer les fenêtres et aérer la nuit. Mais aussi éviter l’alcool, qui impacte notre lucidité pour bien se protéger ainsi que la thermorégulation du corps, tout comme les drogues, telle la cocaïne, qui peuvent aggraver la sensibilité à la chaleur. Pour les personnes âgées, il faut boire de l’eau peu minéralisée (pour éviter l’encombrement rénal), se rafraîchir le plus souvent possible avec des ventilateurs, etc. Et bien sûr, pour tout le monde, ne pas sortir en plein cagnard !
Une activité physique lorsqu’il fait très chaud peut entraîner des effets cardiaques mais aussi respiratoires, car la chaleur est souvent associée à une quantité d’ozone assez importante dans l’atmosphère. Si l’on veut absolument sortir et pratiquer du sport, il faut choisir des zones ombragées comme des parcs, y aller tôt le matin ou tard le soir, réduire l’intensité de l’effort, etc.
Cette forte augmentation du mercure tombe au pire moment.
Chez les animaux et les végétaux, cela survient au pire moment, lorsqu’ils sont en pleine période de reproduction.
Les oiseaux nichant sous les toits sont exposés à des températures extrêmes, alors qu’ils sont en pleine période de reproduction.
Le remplissage des épis est au ralenti. Ces températures élevées surviennent alors que les céréales d’hiver, comme l’orge ou le blé, remplissent leur épi. Mais si le mercure excède le seuil de 25 °C, le flux de matières se réduit. « Une durée de remplissage plus courte signifie que la graine est plus petite. Si la situation s’aggrave, il ne pourra pas reprendre plus tard. C’est 2 % de rendement perdu du fait de la chaleur pour chaque jour à plus de 35 °C, confirme mon ami Thibaut Lhermey qui gère « biologiquement » une ferme de 300 hectares dans la Meuse.
Pratiquer du sport, est-ce bien raisonnable ?
L’activité physique et la chaleur ne font pas bon ménage tout simplement, parce que l’effort physique génère une production de chaleur, comme les pistons d’un moteur. Lorsque l’atmosphère est déjà elle-même très chaude, le corps aura de plus en plus de mal à bien réguler sa température et il risque un « coup de chaleur », une urgence médicale qui peut entraîner des malaises, des hospitalisations voire des décès.
Les signes qui doivent alerter ? Quand vous commencez à avoir mal à la tête, des petits vertiges, des frissons, ou encore paradoxalement une sensation de froid car l’organisme ne régule plus rien du tout. Dans ce cas, il faut s’arrêter aussitôt et se réfugier à l’ombre.
Par ailleurs une personne de plus de 50 ans devrait être beaucoup plus vigilante qu’un ado de 15 ans, le surpoids est un facteur très limitant car la dépense énergétique sera beaucoup plus forte, et les personnes qui ont des facteurs de risque déjà connus, des pathologies chroniques ou encore certains traitements sont plus à risques.
Les activités à éviter
De façon générale, les sports intenses en continu, comme le jogging, sont plus risqués que ceux durant lesquels on peut faire des pauses, comme le football. Il faut aussi éviter de s’exposer au bitume et aux rochers qui peuvent renvoyer la chaleur par irradiation, donc de courir ou rouler sur des routes ou dans certains paysages en pleine journée. Et bien sûr, la piscine (idéalement en intérieur) est une bonne option !
Si on tient à pratiquer du sport en extérieur, quels sont les conseils à suivre ?
Sortir le matin ou le soir, idéalement quand le thermomètre n’est pas encore monté au-dessus de 25 °C ou qu’il est redescendu sous ce seuil dit de « chaleur ». La couleur de votre tenue va aussi beaucoup compter : il faut privilégier les vêtements blancs, respirants et bien aérés au niveau des aisselles, avec aussi un bob ou une casquette blanche. Il est aussi important de s’arroser avec de l’eau les avant-bras, le visage et la nuque autant que possible. Certains mettent des glaçons sur les jugulaires avant de dormir.
Emportez également à boire, potentiellement des boissons dites « super-hydratantes ». Evitez de boire des eaux hyperminéralisées qui bloquent les reins. Les médecins révèlent des insuffisances rénales. Prendre par voie o des électrolytes comportant des sels minéraux comme le sodium, le potassium, et le magnésium si l’effort s’annonce très intense. Car un coup de chaleur est dû à la hausse de la température du corps, mais aussi à la perte d’eau et de minéraux dus à la transpiration (ce qui survient chez les footballeurs).
Baignades : Chaque année on assiste à des drames en série
Tous les enfants devraient savoir nager. En cas de noyade, les parents en sont responsables.
L’envie de se rafraîchir fait parfois oublier le risque. Chaque année à l’été on recense un millier de morts par an. Les adolescents de plus en plus exposés, aucune classe d’âge n’est épargnée par ces risques.
Pour les adultes, en revanche, surestimer ses capacités, surtout en milieu naturel, est plus commun qu’on ne le pense. Sauts spectaculaires dans la Seine, trempettes et plongeons dans des cours d’eau inadaptés… Les pratiques à risque ne manquent pas. Il ne faut jamais présumer de ses forces, même si on est un bon nageur.
Rappelons la nécessité de se baigner en étant toujours accompagné. Autres réflexes à garder en tête : éviter les zones de baignade interdites, privilégier les espaces surveillés, longer la mer plutôt que prendre le large ou encore ne pas consommer d’alcool, au risque d’altérer ses capacités de réaction.
La nature souffre aussi
Les réserves d’eau entamées avant l’été
Avec des vents entre 20 et 40 km/h et de l’air sec, la végétation encore en croissance, avec des journées longues, va subir une évapotranspiration énorme. Si les sols vont se dessécher à une vitesse inédite. Il faudra des pluies pour reconstituer les réserves d’eau nécessaires pour l’été, qui ne débute que dans plusieurs semaines. S’il ne pleut pas le maïs ou le soja vont dépérir.
Les tomates et les melons en danger
Tomates, melons, courgettes et autres fruits et légumes d’été viennent tout juste d’être plantés. Les racines sont encore petites. Or, c’est dans les dix premiers centimètres de terre que l’eau s’évapore le plus vite. En quelques heures, certaines cultures peuvent littéralement brûler sous le rayonnement et l’évapotranspiration. Les plants vont devoir être arrosés tous les jours, ce que n’avaient pas prévu ni budgétisé les maraîchers.
Sous les toits, c’est la fournaise pour les oisillons
Les espèces d’oiseaux qui nichent sous les toits, comme le martinet, vont particulièrement souffrir. Sous les tuiles la température peut monter jusqu’à 40 voire 50 °C. Nous sommes en période de reproduction. Les oisillons qui viennent de naître risquent la déshydratation. On a observé, les années passées, de nombreux sauts de nid de ces petits qui tentaient d’échapper à la fournaise.
Leurs parents vont aussi devoir arbitrer entre risquer leur vie pour aller chercher de quoi nourrir leurs petits sous de fortes chaleurs ou les laisser tomber de leur nid. Car les besoins sont immenses. Chez la mésange par exemple, un poussin réclame entre trois à quatre chenilles par heure. Pour une nichée, cela peut alors représenter jusqu’à 300 larves de papillons quotidiennes.
Des vaches laitières plus stressées
Comme les humains, les animaux n’ont pas eu le temps de s’habituer. Les vaches laitières notamment vont souffrir de cette soudaineté. Fin mai, les organismes vivants ne sont pas censés affronter durablement des températures dignes d’un cœur d’été caniculaire. Là aussi, les rendements risquent d’être réduits.
Des arbres plus solides mais fragilisés
On assiste déjà à la floraison la plus précoce jamais observée. Pour autant, les arbres suscitent moins d’inquiétudes que le reste des végétaux car ils bénéficient de racines assez profondes. Ils peuvent ainsi puiser dans les pluies du début du mois de mai.
Des cycles biologiques désynchronisés
Cette grande variabilité des phénomènes, faite de successions de chaleurs soudaines, d’épisodes de froid marqué, de pluies intenses, risque de déboussoler les cycles des espèces. Certains spécialistes craignent qu’à la faveur d’une hausse précoce des températures, les animaux se réveillent et se reproduisent, alors que leur nourriture, feuilles ou insectes, n’est pas encore arrivée.
Des petits gestes qui comptent
Ceux qui ont un jardin peuvent faire un peu d’ombre en installant un parasol ou une toile entre les arbres. Eviter de tondre et garder les feuilles pour que les petits animaux y trouvent refuge, et mettre à disposition de l’eau dans des coupelles en hauteur, à changer chaque jour pour éviter les pontes de moustiques-tigres.
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Pour ceux qui partent en vacances
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La trousse aromatique familiale et du voyage p 676
La trousse du voyage p 681
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