C’est la France des fast-foods, loin des centres-villes, les enseignes de restauration rapide se multiplient.
Un « paradis » pour les consommateurs aux budgets serrés, qui interroge pouvoirs publics et professionnels de santé.
Burgers, tacos, poulet frit, kebabs… Les fast-foods frôlent 80 % de l’offre de restauration dans certaines communes. Un vrai problème de santé publique.
Vingt ans plus tard, malgré la vaine recommandation sur les « cinq fruits et légumes par jour » bien connue de tous, les enseignes de restauration rapide s’alignent dans les rues des villes périphériques au point de dépasser le nombre de brasseries traditionnelles.
Les causes de ce phénomène sont multiples : additions moins lourdes, volumes XXL capables de rassasier les estomacs les plus affamés, marketing efficace porté par les influenceurs… La « mayonnaise » prend particulièrement dans les quartiers populaires, qui sont déjà les plus éloignés du « manger sain ». D’ailleurs, la carte du nombre élevé de fast-foods se superpose presque parfaitement à celles des taux de chômage et de l’obésité galopante. Un vrai problème de santé publique, bien plus grave que les rengaines maintes fois entendues sur le déclin de la gastronomie française.
42,5 % des restaurants en France sont des fast-foods, contre 36,1 % il y a cinq ans, selon l’Urssaf
En 2019, l’Hexagone comptait 40 000 enseignes de restauration rapide, selon l’Urssaf. Aujourd’hui, elles sont plus de 51 000. les sacs colorés de ces enseignes de restauration rapide s’alignent sur les bancs ou dans les mains des passants.
Dans certaines communes, la part des kebabs, tacos ou du nouveau « krousty », ce mélange de riz et de poulet frit prisé des jeunes, n’a cessé d’augmenter.
« Pour 10 €, on peut manger un peu tout ce qu’on veut. On sait que ce n’est pas bon pour la santé, mais je préfère ça au Crous », assume un étudiant.
Rééquilibrer la carte
Sur les réseaux sociaux, chaque nouvelle ouverture de fast-food est saluée comme un événement. La présence de « pointures » très en vue en ligne a même valu à Cergy le titre officieux de « capitale des fast-foods ». La dernière chaîne à s’y être installée, en novembre, n’est pas des moindres : le J29. Une véritable « rock star » du fast-food née à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) propulsée par les réseaux sociaux et par le prodige français du basket Victor Wembanyama, fan assumé de son sandwich au poulet tandoori.
Et le succès ne doit rien au hasard. À l’image du J29, ces chaînes maîtrisent parfaite- ment le marketing : box remplies de produits pour moins de 10 €, portions XXL, influenceurs invités lors des inaugurations, menus à prix cassés, voire gratuits, pendant quelques heures. De quoi entraîner des files d’attente impressionnantes et donner lieu à des vidéos qui cartonnent sur les réseaux sociaux.
Face à ce raz de marée, la mairie reconnaît que ses marges de manœuvre sont limitées. « Il y a un développement exponentiel des fast-foods partout en France.
Nous devons composer avec la liberté du commerce, la ville ne peut pas décider seule de qui s’installe ou non. » La municipalité tente toutefois de « diversifier l’offre » en travaillant avec les propriétaires de locaux et en lançant des appels à projets.
Elle met en avant un label, Cergy Commerce, lancé en 2022, qui récompense les établissements engagés sur les circuits courts, la qualité des produits ou des recettes saines. «On essaie d’accompagner les commerçants vers des démarches plus vertueuses, poursuit l’élue. Mais on ne pourra pas lutter uniquement par la réglementation. Ce sont aussi nos modes de vie qu’il faut faire évoluer, notamment chez les plus jeunes. »
Il faut diminuer l’exposition à la publicité
Sur PUMS, chaîne YouTube créée par Boris Hansel, des médecins abordent des questions de santé. Le professeur, endocrinologue et nutritionniste à l’hôpital Bichat, à Paris (XVIIIe), alerte sur la courbe de l’obésité qui ne cesse de progresser chez les jeunes.
On constate une hausse des pathologies liées à la Junk Food chez les jeunes.
L’obésité chez l’enfant et l’adolescent est en croissance continue.
Chez les 18-24 ans, elle a été multipliée par quatre entre 1997 et 2020, et par trois chez les 25-34 ans. On relève des maladies chroniques chez les jeunes dont ils ne souffraient pas il y a vingt ou trente ans, comme le diabète de type 2. C’était classiquement une maladie qui démarrait à 40-50 ans.
Comment expliquer ce surpoids et les maladies d’encrassage ?
C’est difficile à identifier les causes. Sont-ce les fast-foods, la publicité, les écrans, une mauvaise alimentation, la rupture des rythmes de prise alimentaire ? On considère que c’est un ensemble de tout ça. On a tous une sensibilité plus ou moins importante à grossir dans un environnement qui le favorise. Des relations existent entre la quantité de fast-foods fréquentes dans un territoire et l’obésité.
Le surpoids est aussi plus courant dans des régions, des arrondissements ou des banlieues marquées par un niveau social plus faible.
Des personnalités sponsorisent ces produits
Les enfants sont subjugués par la mascotte de Miel Pops, le clown McDonald’s ou le cadeau de Kinder. À chaque époque sa méthode. Tout est fait pour que l’enfant ou le jeune ait envie d’acheter.
Il faut diminuer l’exposition à la publicité autour de ces aliments. Quand on banalise la consommation d’un hamburger l’après-midi, cela favorise la prise alimentaire excessive.
De nombreux arguments scientifiques soutiennent que la publicité favorise la surconsommation de ces produits. Ce qui est proposé pour la prévention peu convaincant par rapport à la puissance du marketing.
Les plans de prévention valent quelques dizaines de millions d’euros par an contre des milliards pour la publicité.
Les influenceurs se régalent !
« je me suis offert mon rêve. » Voilà comment le youtubeur Miguel Mattioli, plus connu sous le nom de Michou, résumait son ambition après l’ouverture de son restaurant Mealy, à Paris.
À la carte on s’offre un petit voyage exotique : sandwichs et burgers grecs, mexicains, australiens, tenders de poulet accompagnés de frites ou d’aloco pour terminer avec des tranches de banane plantain frites.
Dopé par ce succès, l’influenceur de24 ans espère ouvrir soixante points de vente d’ici à 2030.
Loin d’être le premier, Michou a rejoint le club, (essentiellement masculin) des influenceurs qui s’investissent dans la restauration rapide.
D’autres soutiennent des enseignes sur leur compte Instagram ou Tiktok grâce à un partenariat souvent rémunéré, et ceux qui décident d’ouvrir la leur, un moyen de diversifier leurs activités et de s’adresser à un public toujours jeune, à l’appétit dévorant et au porte-monnaie souvent léger.
« Manger un burger conçu par Michou, c’est prolonger le lien avec lui. » (pas sotte la guêpe !)
Alors enfiler le tablier et créer sa propre carte de sandwichs serait aussi l’occasion d’engranger de nouveaux revenus.
Difficile de trouver un secteur aussi porteur que la nourriture sur les réseaux sociaux.
Comment lutter contre cette la malbouffe ?
La première chose serait d’utiliser Nutri-Score. La deuxième serait de mettre en place des taxes en fonction du Nutri-Score. Promouvoir les aliments sains, comme les fruits et les légumes, avec des chèques alimentaires.
Malheureusement, la puissance des lobbys empêche d’avancer. On a eu l’exemple en 2025 sur le Nutri-Score qui a failli être adopté comme étiquetage obligatoire. Cette mesure a échoué au Parlement. Or, les courbes de l’obésité sont telles qu’on les avait imaginées il y a une vingtaine d’années. On est un peu mieux loti que les Américains mais on va dans la même direction avec un surpoids pathogène (infarctus/AVC).
Retour à la cuisine Française !
La cuisine française a été codifiée au XXe siècle, par Auguste Escoffier, pour devenir la référence moderne en matière de grande cuisine. Elle est aujourd’hui considérée comme une référence dans le monde en raison de son aspect culturel.
La cuisine française est généralement perçue, en dehors de la France, à travers sa grande cuisine servie dans des restaurants aux pris élevés. Cette cuisine très raffinée a, la plupart du temps, reçu l’influence des cuisines régionales. Celles-ci sont caractérisées par une extrême diversité de styles et d’aliments mis en œuvre. Aujourd’hui la cuisine française est exportée par-delà les mers.
L’essor du tourisme gastronomique, avec l’aide notamment du Guide Michelin, a contribué à un certain retour aux sources des gens vers la campagne au cours du XXe siècle et au-delà.
La diversité des traditions régionales rend la cuisine française multiple plutôt qu’unifiée. De nombreux plats régionaux se sont développés au point d’être connus et reconnus au niveau national.
Les produits agricoles comme le fromage, le vin, la viande, etc., occupent une place d’exception dans la cuisine française, de nombreuses productions régionales arborant le label de préservation de l’environnement.
Les Français et les touristes estiment que la France possède « la meilleure gastronomie du monde ». La gastronomie française serait perçue comme un symbole de l’hédonisme français.
Que commande-t-on au restaurant ?
Evidemment ce ne sont pas les pizzas et le couscous qu’on a francisé.
Pour vous inspirer je vous énumère les plus sollicités :
Bœuf bourguignon, quiche lorraine, cassoulet, ratatouille, tartiflette, cop au vin, choucroute garnie, aligot, gratin dauphinois, blanquette de veau, bouillabaisse, hachis parmentier, poulet basquaise, gratin aux courgettes, Bœuf en croûte (ou Wellington à la française), mousse au chocolat, clafoutis au cerises, crêpes sucrées… j’arrête la litanie.
J’allais oublier la salade niçoise que je savourais quand j’étais étudiant (c’est un alicament).
Bon appétit !








