Mécanismes d’adaptation et de survie

Depuis la nuit des temps et tout au long de l’évolution chaque espèce vivante (animale ou végétale) élabore des mécanismes de défense en milieu hostile. Ces mécanismes de défense (qui sont génétiquement déterminés) sont évidemment assez spécifiques des espèces partageant le même biotope : on s’adapte à son voisin hostile pour survivre (manger pour ne pas être mangé), selon le docteur Félix Affoyon qui permit une avancée décisive dans la compréhension des mécanismes physio-pathologiques qui conduisent à la redoutable maladie d’Alzheimer.

Cette lutte universelle pour la survie a conduit et devrait conduire encore à l’évolution des espèces. Mais l’adaptation atteint peu à peu ses limites du fait de l’intrusion dans l’organisme de substances reconnues par nos cellules comme étant étrangères, les antigènes. C’est ce qui s’est produit par exemple avec l’avènement de la cuisson ; en effet à l’origine était l’alimentation primitive, une alimentation de type « animal » donc crue et destinée à assurer l’essentiel, à savoir la lutte pour la survie, la reproduction et l’adaptation.

Il se trouve en effet qu’au fil des millénaires et probablement sous l’assaut répété des molécules étrangères (apportées notamment par la cuisson à haute température, les céréales, les légumineuses, les laits animaux), le système olfactif (l’odorat et la muqueuse olfactive) qui est notre tout premier sens d’alerte en présence du danger, a subi d’importantes mutations génétiques jusqu’à dénaturer lentement mais sûrement notre instinct primitif de survie, de reproduction et d’adaptation. Ce n’est sans doute pas un hasard si au cours de l’évolution, les régions du cortex cérébral ayant conservé une association avec le système olfactif sont les régions phylogénétiquement anciennes comme l’hippocampe et le système limbique du lobe temporal dont on sait qu’ils jouent un rôle fondamental dans l’acquisition de la mémoire, l’apprentissage, les aspects émotionnels du comportement ainsi que l’alternance veille sommeil (qui détermine les rythmes biologiques spécifiques de l’activité diurne ou nocturne de l’espèce).

On sait que ces régions du cerveau sont précisément celles qui sont touchées au cours de la maladie d’Alzheimer (MA) !

Les singularités du système olfactif

L’olfaction se démarque des autres systèmes sensoriels par les caractéristiques uniques de son circuit neuro-anatomique. Le développement du système olfactif étant antérieur à celui du thalamus, les voies de l’olfaction irradient directement vers les structures archaïques situées à la base du cerveau. C’est là que les centres de la mémoire et de l’émotion sont localisés, avec le système limbique qui comprend notamment l’amygdale et l’hippocampe. Cela signifie que l’olfaction possède un accès privilégié au cerveau. Ces particularités expliquent le caractère très émotionnel des odeurs et des « souvenirs » olfactifs. Les traitements dans les structures de base sont automatiques et inconscients, c’est pourquoi la première réaction lorsque l’on perçoit une odeur est d’ordre affectif, elle est appréciée ou non. C’est seulement dans un deuxième temps que les connexions olfactives se projettent vers le thalamus et le néocortex, qui au contraire des autres systèmes sensoriels sont directement reliés au néocortex.

La majorité des régions cérébrales impliquées dans l’olfaction fait partie du système limbique, responsable du traitement des émotions et de la mémoire.

Le système olfactif présente en effet une organisation anatomique particulière, car ses neurorécepteurs sont en connexion directe avec l’amygdale et l’hippocampe, contrairement à la vision, dont les voies transitent par le néocortex pour ensuite atteindre l’amygdale. Il existe donc un lien anatomique privilégié entre olfaction, émotion et mémoire.

La cuisson : le sens gustatif

La maîtrise du feu (véritable révolution), il y a environ 790 000 ans, et son corollaire la cuisson (il y a 200 000 à 400 000 ans) ont fait apparaître chez l’homme des saveurs qu’il ne soupçonnait pas, avec en prime sans doute la découverte d’une technique supplémentaire de conservation de l’aliment ; la cuisson à haute température notamment, de même que certains procédés de fermentation ont fait apparaître dans l’aliment de nouvelles molécules non reconnues par nos enzymes et nos cellules […]. Ces transformations moléculaires jointes à la destruction de nombreuses vitamines (B3, B6, B9, B12) induisent des modifications non seulement dans l’aspect de l’aliment, mais aussi dans son goût, sa tendreté (qui permet la consommation plus facile de viandes) et surtout sa digestibilité. Mais un « aliment » cru indigeste rendu digeste et/ou goûteux par la cuisson n’est pas forcément moins nuisible à la santé ! Ainsi certains végétaux (crus) non goûteux isolément (ou amers), indigestes voire même d’odeur repoussante et donc potentiellement toxiques (pomme de terre, manioc, haricots, céréales…) peuvent être consommés sans dommage apparent lorsqu’ils sont cuisinés, transformés (souvent mélangés à d’autres ingrédients alimentaires) avec comme ultime préoccupation désormais la recherche du seul plaisir gustatif !

Si l’homme n’est plus en mesure de se fier comme jadis à son odorat pour écarter les aliments toxiques et les molécules étrangères, c’est parce qu’il a par hasard modifié le cours des choses en inventant la cuisson, la transformation puis la conservation des aliments, toutes choses qui au cours de l’évolution ont développé le sens du goût, reléguant progressivement celui de l’odorat à l’état de vestige.

Il se confirme donc que la maladie d’Alzheimer est le prix (très élevé) à payer par l’organisme pour tenter de s’adapter à un environnement non prévisible et profondément modifié par rapport à son environnement originel et pour lequel ses systèmes olfactif et limbique ne sont pas génétiquement programmés. Ainsi olfaction, mémoire, environnement : même combat ! Il est hautement probable qu’au fil des millénaires l’inhibition enzymatique induite par l’avènement de l’alimentation cuite (appréciée non plus par l’odorat mais par le goût) ait provoqué une dégénérescence et une involution progressives du système olfactif (tout au moins dans sa composante émotionnelle) et in fine une inhibition des fonctions physiologiques de l’odorat, de l’hippocampe et du système limbique. Au fil de l’évolution, l’homme a perdu son « flair » qui était pourtant sa « boussole » et son instinct de survie, de conservation et d’adaptation.

À force de reculer l’échéance d’un vrai traitement étiologique, il reste un organe qui, lui, n’est accessible ni aux traitements médicamenteux, ni même à la chirurgie : c’est le système nerveux central et périphérique, avec comme conséquence l’explosion des cas de MA qui représentent une sorte d’impasse médico-sanitaire, une ultime décharge de décantation de toxines que l’organisme n’est plus en mesure d’évacuer.

Le sens olfactif : la clef d’Alzheimer

97% des malades d’Alzheimer souffrent de troubles olfactifs de l’odorat. C’est ainsi qu’il faut restaurer le sens olfactif pour donner une chance d’arrêt de la maladie.

Il y a exactement cent vingt ans (1907), soit 70 ans après le début de la révolution industrielle (vers 1850), Alois Alzheimer décrivait les lésions neuropathologiques de la maladie qui porte son nom : les plaques séniles extracellulaires et les dégénérescences neuro-fibrillaires observées pour la première fois chez une patiente atteinte d’une démence dont les premiers symptômes étaient apparus à l’âge de 51 ans !

Aujourd’hui, la maladie d’Alzheimer (MA) représente un problème majeur de santé publique dans les pays développés et un véritable défi médical et ce pour deux raisons :

  • Sa prévalence très élevée (dans les pays en développement ayant adopté le mode de vie à l’occidentale) est proportionnelle à l’espérance de vie.
  • En France, selon l’Insee, on estime le nombre de cas à environ un million avec 250 000 cas annuels supplémentaires. Dans le monde on recense 27 millions de cas et on prévoit un doublement du nombre de cas tous les 20 ans.

Un faux espoir

On a déploré des échecs médicamenteux en série.

Ces traitements visaient à éliminer les dépôts qui se forment dans le cerveau des malades :  des petites protéines, les peptides bêtamyloïdes qui s’agrègent pour former des plaques séniles entre les neurones, toxiques pour les cellules et les protéines Tau, qui contribuent à la stabilité des neurones et s’amoncellent à l’intérieur des cellules nerveuses chez les malades.

Malheureusement dans les analyses post mortem des cerveaux on n’a observé ni plaques séniles ni dégénérescences neurofibrillaires, et certains cerveaux restaient intacts.

La découverte de l’existence d’un déficit de la neurotransmission lié à l’acétylcholine dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer a conduit à utiliser des substances qui visent à améliorer cette transmission en s’opposant à la dégradation de l’excès d’acétylcholine larguée dans la fente synaptique par une enzyme, la cholinestérase. Inhiber cette enzyme revient à augmenter la quantité d’acétylcholine présente dans la synapse. Le donepezil (Aricept) augmente l’activité de l’acétylcholine dans le cerveau mais aussi malheureusement au niveau des organes périphériques, ce qui provoque des effets indésirables.

En 1994 on pensait disposer d’un médicament destiné à soulager les symptômes de la maladie – l’Aricept (donepezil).. Ce médicament ne prétendait pas guérir la maladie. Par ailleurs, après 4 mois d’emploi les patients souffraient de moult effets secondaires : troubles digestifs, cardiaques pour finir par la maladie de Charcot qui présente la même parthénogenèse que la maladie d’Alzheimer. C’est ainsi qu’il ne fut plus remboursé par l’assurance maladie.

Le fait que 97% des malades d’Alzheimer souffrent de troubles olfactifs nous met sur la voie du sens olfactif.

Une approche systémique

La loi du minimum et les cercles vicieux complexes qui dominent le développement de la maladie d’Alzheimer nous montrent – sur le plan biologique – qu’il est indispensable d’opter pour une démarche systémique, comme le préconisait Hippocrate, il y a 2 400 ans ! Quand il s’agit de résoudre le mystère de l’Alzheimer, il semble que nous n’envisagions qu’une seule voie : à savoir un médicament capable d’enrayer cette maladie.

Nous disposons de l’HE du Romarin à cinéole qui restaure l’acétylcholine et le retour de la mémoire, et en privilégiant une alimentation crue qui préserve le système limbique.

Qui dit systémique dit relatif à un système pris dans son ensemble, et ce système ne pourrait-il pas être un organe déterminant tel que le système olfactif ?

Une piste providentielle…

Il y a 40 ans je prescrivais l’huile essentielle de Romarin à cinéole pour traiter les infections du carrefour ORL – quelle ne fut pas ma surprise quand nombre de mes patients me signalait le retour de leur mémoire.

Cette découverte n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. C’est ainsi que je rédigeai un livre « Alzheimer et odorat : quand les arômes restaurent la mémoire » aux éditions Trédaniel. 

Il suffit de humer la fragrance de cette HE durant 1 minute 4 fois par jour. Habituellement on restaure la mémoire après 3 semaines.

On complète le traitement en privilégiant une alimentation crue telle que celle de nos ancêtres, c’est une nourriture vivante qui protège le système limbique et stimule le système olfactif tandis que la cuisson détruit les vitamines et les enzymes.

Modes de cuissons à privilégier : à la vapeur, à l’étouffée, en papillote.

Peut-on rappeler que Léonard de Vinci le plus grand artiste du monde était végétarien – C’est l’auteur de la Joconde.

Gandhi affirmait que « pour se débarrasser d’une maladie, il est nécessaire de supprimer l’usage du feu dans la préparation des repas ».

L’alimentation crue est conforme à notre « organisation ancestrale ».

Pour expliquer le mécanisme d’Alzheimer, le Dr Dale Bredesen (qui serait le référence mondiale pour le traitement de la M.A) s’est contenté de recourir à une métaphore pour décrire la maladie d’Alzheimer, qui serait constituée de 36 mécanismes contribuant à la genèse de la maladie : vouloir n’en réparer qu’un a peu de chance de réussir !

Ce qui suppose un interrogatoire du patient qui dure des heures – Pour quel résultat ?

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Voir mon livre « Alzheimer et odorat : quand les arômes restaurent la mémoire » Ed. Dauphin

Comment établir le diagnostic p39
Evolution de la maladie
Les causes et les facteurs du risque
Le recours aux huiles essentielles
Les compléments alimentaires
Les maladies apparentées
Comportement face au malade (rôle de l’aidant)
Ce livre est vendu aux États-Unis, Brésil, Chine…